San Benedetto Po - abbaye San Benedetto (Mantova - Lombardia)

Polirone, est-ce un personnage de la riche histoire italienne? Pas du tout. Il s'agit en fait d'un des plus grands et puissants monastères bénédictins d'italie (avec Monte-Cassino, San Giovanni Evangelista à Parme et Santa Giustina à Padoue).
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Situation géographique et accès

  • San Benedetto Po compte 7 556 habitants
  • Altitude : 18 m
  • Accès : autoroute A22, sortie Mantoue Sud


Historique

Il fut fondé par les Canossa vers l'an Mil, au croisement du fleuve Po et de son affluent Lirone. C'est pourquoi on l'appela "Polirone" (aujourd'hui San Benedetto Po). Il est ensuite lié à Cluny, en 1077, dont il suit le style des édifices et les habitudes religieuses, dans le respect de la règle bénédictine. Mathilde de Canossa y est enterrée selon son désir en 1115.

Patrimoine

Oublié et outragé pendant deux siècles, après la suppression décidée par Napoléon Bonaparte, le 7 mars 1797, Polirone dévoile, petit à petit, au cours des récents travaux, ses trésors cachés sous le crépi et les murs superposés. On aperçoit ainsi la grandeur des bâtiments et celle du décor, qui scandalisa Martin Luther lors de son séjour en 1510.

L'un des chefs-d'oeuvre du site : la fresque de Corrège
La dernière grande découverte date du début des années 80. Toute la paroi du fond ouest du réfectoire (1478) a été peinte vers 1513-14 par Antonio Allegri, dit Corrège, en fonction des idées théologiques de Grégorio Cortese, grand humaniste bénédictin qui était aussi à cette époque le cellerier de Polirone. Cette fresque de grande taille (100 m2) encadre une partie centrale occupée par la toile de Gérolamo Bonsignori représentant une Cène à la mode de Léonard. Cette oeuvre nous montre des personnages de l'Ancien Testament (Melchisedech, Isaac, David, Moïse) qui ont préfiguré le Christ, ainsi que des anges et des personnages de la mythologie païenne (Sybilles et Silène). Le tout est encadré dans la structure monumentale d'une cathédrale style Renaissance vue de l'intérieur.

L'oeuvre témoigne, au-delà même de son immense beauté et de sa valeur artistique, la nature profondément réformiste du message idéologique suggéré par Cortese ; les mêmes idées, qui troublaient l'Eglise de l'époque, ont accéléré la dégradation de cette fresque. On oublia vite son auteur et Vasari, en passant par Polirone en 1568, ignora franchement l'oeuvre et l'auteur. En 1514 Corrège décore le choeur et les portes de l'orgue, mais de tout cela il ne nous reste que le contrat signé entre l'artiste et les moines.